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La conférence de presse Frattini-Diaconescu, commentée dans les journaux italiens

février 24th, 2009 by corinne

“Roumanie-Italie, score 1-1″, a écrit la presse italienne aujourd’hui, accordant des espaces importants à l’entrevue du ministre roumain de l’Extérieur, Cristian Diaconescu et de son homologue italien, Franco Frattini.

“Le ministre des Affaires Etrangères, Cristian Diaconescu, a eu une mission difficile hier-soir, à Rome, une réunion avec Franco Frattini, pour parler de la relation difficile entre les Roumains et les Italiens”, a commenté La Stampa, qui a repris une expression utilisée dans la presse roumaine avant la réunion.

La Stampa, le troisième mieux vendu quotidien de l’Italie, souligne notamment les déclarations de Catalin Predoiu, le ministre roumain de Justice, selon lequel il n’y a pas eu de situation où une décision d’un tribunal européen ne fût pas reconnue en Roumanie.”

A son tour, Il Giornale, le quotidien de la droite, soutient que les données présentées par Predoiu concernant la situation des Roumains en Italie n’ont pas besoin de commentaire” et “font peur”. En ce qui concerne la rencontre de Frattini et Diaconescu, le journal se concentre sur la demande du ministre italien, selon laquelle les Roumains condamnés définitivement en Italie soient rapatriés.

Corriere della Sera met l’accent sur la demande de Frattini que les autorités de Rome soient renseignées à l’égard des Roumains ayant des antécédents pénaux et qui ont l’intention de voyager en Italie. Corriere della Sera cite aussi la déclaration du chef de la diplomatie italienne à ce sujet: “C’est le type de collaboration que l’Italie demande aux autorités roumaines”.

“La Roumanie est un pays ami, mais on a besoin de renforcer la collaboration et d’avoir plus de garanties: c’est ainsi que “La Republica” commence son article dédié à cette rencontre, précisant que le noyau des discussions entre les deux ministres a été la lutte contre l’infractionnalité et la question de la sécurité.

Les journalistes de “Il Messaggero” rappellent, eux-aussi, les déclarations du ministre roumain qui garantit “la pleine collaboration” avec l’Italie et la “tolérance zéro” pour les criminels, sans distinction de nationalité, mais qui ne prendra “aucune mesure qui puisse limiter le droit à la libre circulation” des citoyens roumains en Europe.

Avant la réunion, le quotidien “La Voce” écrivait que la visite de Diaconescu à Rome serait l’une non-officielle, puisqu’elle n’avait pas été annoncée sur le site du Ministère de Bucarest. “Diaconescu est venu à Rome à l’intention précise de démontrer la solidarité avec les Roumains qui habitent à Rome et qui dernièrement ont fait l’objet de quelques attaques racistes honteuses”, a commenté le journal.

A la conférence de presse de 23 février, les journalistes roumains et italiens ont posé quatre questions, deux venant de la presse italienne et deux, de la presse roumaine. Les Italiens se sont concentrés sur la question des mesures que les autorités roumaines devraient prendre pour renforcer la collaboration avec les autorités italiennes à l’égard des personnes ayant le casier taché. De l’autre côté, Frattini a dû expliquer la façon dont les malfaiteurs roumains condamnés devraient être empêché d’entrer sur le territoire de l’Italie.

La presse italienne, un arbitre improbable dans l’équation immigrants - phénomène infractionnel

février 18th, 2009 by corinne

Le dernier événement infortuné qui a eu lieu à Rome - une adolescente violée dans un parc et son copain rossé par des immigrants tsiganes- a mis de l’huile sur le feu dans la presse italienne, qui a adopté une position radicale et fourre dans le même sac les criminels provenus des immigrants de l’Europe de l’Est et le pays entier d’où ils viennent. Qui pire est, c’est que les événements de ce genre, dont le dernier semble être la cerise sur le gâteau, ont engendré presque une hystérie de masse qui se manifeste contre les immigrants “in corpore”, et qu’une partie de la presse ne fait qu’encourager. De plus, la situation qui prend des proportions menace de se transformer dans une crise au niveau politique et diplomatique entre l’Italie et la Roumanie, le pays accusé “de fournir” le plus grand nombre d’éléments criminels aux villes italiennes.

Laissant de côté les formules incriminatrices utilisées avec prodigalité dans les journaux italiens à l’égard du peuple roumain, la presse italienne semble être un interprète pas toujours sage dans le dialogue politique entre les autorités italiennes et celles roumaines. Les déclarations du ministre roumain des Afaires Etrangères, Cristian Dicaonesu, sur le poste national de radio, selon lesquelles “les autorités italiennes ont adopté une rhétorique agressive, incitant à la xénophobie, une attitude qui n’est pas européenne” ont attiré l’attention de la presse de Rome:

Le quotidien “La Repubblica” écrit que le ministre roumain soutient que dans le gouvernement italien il y a quelqu’un qui incite à la xénophobie. Le même journal publie la réplique immédiate du ministre italien de l’Extérieur, Franco Frattini, d’où on peut comprendre qu’aucun des membres de l’exécutif n’a utilisé des expressions pouvant être considérées xénophobes.

Les assertions de Cristian Diaconescu sont rendues également en “Corriere della Sera”, sous le titre: “La Roumanie prend l’offensive”. Le sujet a jouit aussi de tout l’intérêt des principaux journaux d’actualités aux postes de télévision RAI et MEDIASET, des agences de presse ANSA et AGI et du quotidien de la droite “Il Giornale”, un journal appartenant au trust de presse de Berlusconi.

Dans le dernier temps, après une série d’actes de violences commis par des immigrants roumains d’ethnie romani, les ressentiments des Italiens envers ceux-ci se manifestent aussi par l’intermédiaire des “vengeances” xénophobes dont les victimes sont non pas nécessairement les criminels, mais des citoyens roumains innocents. Un fait de nature pénale - un viol commis par un Roumain - a déclenché à l’automne de l’année 2007 une véritable crise diplomatique entre Rome et Bucarest, crise exacerbée par le contexte préélectoral de l’Itlaie et les récits de la presse.

Pour n’en donner qu’un exemple, nous allons rappeler l’avant-dernier incident qui a impliqué des immigrants et qui s’est passé au mois de novembre 2008. Il s’agit d’un accident auto provoqué par un Romani italien d’origine croate, mais duquel la presse italienne a écrit qu’il était de nationalité roumaine, en dépit de son nom d’origine slave - Bruno Radosavljevic. Ces articles de presse ont eu un impact appréciable sur l’opinion publique italienne et ont donné naissance à des actes de vengeance regrettables…