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San Francisco sera l’hôte des Prix du Journalisme en Ligne 2009

mars 31st, 2009 by corinne

Online News Association, la plus grande association de journalisme sur internet, et la Faculté de Communication de l’Université de Miami ont annoncé le 27 mars, Les Prix du Journalisme en Ligne 2009 (Online Journalism Awards), un événement emblématique pour ce nouveau type de carrière et d’écriture.

Cette année, l’ONA a introduit des modifications dans la structure et le contenu de l’événement, justement pour reconnaître le rôle important des nouvelles technologies et du journalisme indépendante numérique. Il y aura six prix, dont la valeur en argent sera, en tout, de 30,000$. L’une des nouveautés est la section des « micro-sites », qui seront maintenant pris en compte pour le prix « General Excellence ».

Les OJA (Online Journalism Awards) représentent le seul effort de primer l’excellence dans le journalisme en ligne. Les derniers gagnants ont été des sites internationaux ou indépendants des médias importants, ou des sites individuels qui ont apporté quelque chose de nouveau dans le domaine multimédia. Cette année, les lauréats seront annoncés la dernière nuit de l’ONA09 (03 octobre), à San Francisco.

Les candidats sont invités à s’inscrire sur Journalistawards.org, jusqu’au 30 juin, dans l’une ou plusieurs des catégories suivantes:

Le Prix de la Fondation Gannett pour l’Innonvation Technique au service du Journalisme Numérique: Cette nouvelle catégorie, avec un prix de 5000 $, gratifiera une personne ou une entreprise, d’orientation journalistique ou non, qui a créé un outil numérique qui contribue au développement du journalisme en ligne.

Le prix Knight  reconnaîtra les mérites de ceux qui, par leur activité de journalisme en ligne, rendent service à une communauté géographique, par le traitement d’un sujet ou d’un événement d’importance majeure pour cette communauté-là. Le prix sera aussi de 5,000$.

Le prix General Excellence dans le journalisme en ligne primera un site web de chacune des quatre catégories, et deux de la communauté non-anglophone, qui ont réussi à remplir leur mission de rédaction, de servir efficacement leur public, de maximiser l’utilisation du Web et de représenter les standards journalistiques les plus élevés. Pour la première fois, l’ONA a mis en place une catégorie « micro site », pour encourager aussi les petits efforts. Le prix est de 3,000$ pour chaque lauréat, financé par la Fondation Gannett.

La catégorie Breaking News récompense les reportages effectués pour des événements qui constituent le genre nommé « breaking news » (nouvelles de dernière heure).

La catégorie Sites de spécialité reconnaît la valeur des sites web de niche qui se concentre sur un seul sujet.

Le journalisme d’enquête met en vedette les histoires qui découvrent des nouvelles importantes basées sur les enquêtes exclusives des reporters ou qui proposent des analyses et des interprétations originales.

Le Dossier de présentation multimédia est un prix d’excellence pour les histoires racontées au public virtuel à l’aide des techniques multimédia.

Les article d’actualité / les blogs: cette catégorie est destinée aux sujets d’actualités débattus par un individu ou une équipe.

Les commentaires en ligne / le Blogging: c’est le prix qui sera accordé à une voix puissante et originale qui se fait entendre dans les commentaires des articles en ligne.

Le Prix de la collaboration communautaire est un nouveau prix qui récompense un projet d’actualités ou un site web qui pratique une forte interaction avec la communauté desservie.

L’utilisation exceptionnelle des technologies numériques: reconnaît les performances d’un site qui utilise des techniques numériques pour raconter une histoire.

Le vidéo-journalisme en ligne se propose d’offrir un prix d’excellence pour le journalisme vidéo de l’espace virtuel.

Le Journalisme estudiantin encourage et gratifie le journalisme en ligne pratiqué par un étudiant ou une équipe qui fait des reportages sur un seul sujet.

Les lauréats seront choisis par le biais d’un processus en deux étapes. Tout d’abord, un groupe de plus de 100 journalistes aura la tâche de filtrer et d’évaluer  les candidatures dans chaque catégorie. En août, un groupe de leaders de l’industrie des nouveaux médias et de journalistes professionnels  vont évaluer les finalistes et choisir les gagnants à l’Université de Miami, sous les auspices de la Faculté de Communication.

La conférence de presse Frattini-Diaconescu, commentée dans les journaux italiens

février 24th, 2009 by corinne

« Roumanie-Italie, score 1-1″, a écrit la presse italienne aujourd’hui, accordant des espaces importants à l’entrevue du ministre roumain de l’Extérieur, Cristian Diaconescu et de son homologue italien, Franco Frattini.

« Le ministre des Affaires Etrangères, Cristian Diaconescu, a eu une mission difficile hier-soir, à Rome, une réunion avec Franco Frattini, pour parler de la relation difficile entre les Roumains et les Italiens », a commenté La Stampa, qui a repris une expression utilisée dans la presse roumaine avant la réunion.

La Stampa, le troisième mieux vendu quotidien de l’Italie, souligne notamment les déclarations de Catalin Predoiu, le ministre roumain de Justice, selon lequel il n’y a pas eu de situation où une décision d’un tribunal européen ne fût pas reconnue en Roumanie. »

A son tour, Il Giornale, le quotidien de la droite, soutient que les données présentées par Predoiu concernant la situation des Roumains en Italie n’ont pas besoin de commentaire » et « font peur ». En ce qui concerne la rencontre de Frattini et Diaconescu, le journal se concentre sur la demande du ministre italien, selon laquelle les Roumains condamnés définitivement en Italie soient rapatriés.

Corriere della Sera met l’accent sur la demande de Frattini que les autorités de Rome soient renseignées à l’égard des Roumains ayant des antécédents pénaux et qui ont l’intention de voyager en Italie. Corriere della Sera cite aussi la déclaration du chef de la diplomatie italienne à ce sujet: « C’est le type de collaboration que l’Italie demande aux autorités roumaines ».

« La Roumanie est un pays ami, mais on a besoin de renforcer la collaboration et d’avoir plus de garanties« : c’est ainsi que « La Republica » commence son article dédié à cette rencontre, précisant que le noyau des discussions entre les deux ministres a été la lutte contre l’infractionnalité et la question de la sécurité.

Les journalistes de « Il Messaggero » rappellent, eux-aussi, les déclarations du ministre roumain qui garantit « la pleine collaboration » avec l’Italie et la « tolérance zéro » pour les criminels, sans distinction de nationalité, mais qui ne prendra « aucune mesure qui puisse limiter le droit à la libre circulation » des citoyens roumains en Europe.

Avant la réunion, le quotidien « La Voce » écrivait que la visite de Diaconescu à Rome serait l’une non-officielle, puisqu’elle n’avait pas été annoncée sur le site du Ministère de Bucarest. « Diaconescu est venu à Rome à l’intention précise de démontrer la solidarité avec les Roumains qui habitent à Rome et qui dernièrement ont fait l’objet de quelques attaques racistes honteuses », a commenté le journal.

A la conférence de presse de 23 février, les journalistes roumains et italiens ont posé quatre questions, deux venant de la presse italienne et deux, de la presse roumaine. Les Italiens se sont concentrés sur la question des mesures que les autorités roumaines devraient prendre pour renforcer la collaboration avec les autorités italiennes à l’égard des personnes ayant le casier taché. De l’autre côté, Frattini a dû expliquer la façon dont les malfaiteurs roumains condamnés devraient être empêché d’entrer sur le territoire de l’Italie.

La presse italienne, un arbitre improbable dans l’équation immigrants – phénomène infractionnel

février 18th, 2009 by corinne

Le dernier événement infortuné qui a eu lieu à Rome – une adolescente violée dans un parc et son copain rossé par des immigrants tsiganes- a mis de l’huile sur le feu dans la presse italienne, qui a adopté une position radicale et fourre dans le même sac les criminels provenus des immigrants de l’Europe de l’Est et le pays entier d’où ils viennent. Qui pire est, c’est que les événements de ce genre, dont le dernier semble être la cerise sur le gâteau, ont engendré presque une hystérie de masse qui se manifeste contre les immigrants « in corpore », et qu’une partie de la presse ne fait qu’encourager. De plus, la situation qui prend des proportions menace de se transformer dans une crise au niveau politique et diplomatique entre l’Italie et la Roumanie, le pays accusé « de fournir » le plus grand nombre d’éléments criminels aux villes italiennes.

Laissant de côté les formules incriminatrices utilisées avec prodigalité dans les journaux italiens à l’égard du peuple roumain, la presse italienne semble être un interprète pas toujours sage dans le dialogue politique entre les autorités italiennes et celles roumaines. Les déclarations du ministre roumain des Afaires Etrangères, Cristian Dicaonesu, sur le poste national de radio, selon lesquelles « les autorités italiennes ont adopté une rhétorique agressive, incitant à la xénophobie, une attitude qui n’est pas européenne » ont attiré l’attention de la presse de Rome:

Le quotidien « La Repubblica » écrit que le ministre roumain soutient que dans le gouvernement italien il y a quelqu’un qui incite à la xénophobie. Le même journal publie la réplique immédiate du ministre italien de l’Extérieur, Franco Frattini, d’où on peut comprendre qu’aucun des membres de l’exécutif n’a utilisé des expressions pouvant être considérées xénophobes.

Les assertions de Cristian Diaconescu sont rendues également en « Corriere della Sera », sous le titre: « La Roumanie prend l’offensive ». Le sujet a jouit aussi de tout l’intérêt des principaux journaux d’actualités aux postes de télévision RAI et MEDIASET, des agences de presse ANSA et AGI et du quotidien de la droite « Il Giornale », un journal appartenant au trust de presse de Berlusconi.

Dans le dernier temps, après une série d’actes de violences commis par des immigrants roumains d’ethnie romani, les ressentiments des Italiens envers ceux-ci se manifestent aussi par l’intermédiaire des « vengeances » xénophobes dont les victimes sont non pas nécessairement les criminels, mais des citoyens roumains innocents. Un fait de nature pénale – un viol commis par un Roumain – a déclenché à l’automne de l’année 2007 une véritable crise diplomatique entre Rome et Bucarest, crise exacerbée par le contexte préélectoral de l’Itlaie et les récits de la presse.

Pour n’en donner qu’un exemple, nous allons rappeler l’avant-dernier incident qui a impliqué des immigrants et qui s’est passé au mois de novembre 2008. Il s’agit d’un accident auto provoqué par un Romani italien d’origine croate, mais duquel la presse italienne a écrit qu’il était de nationalité roumaine, en dépit de son nom d’origine slave – Bruno Radosavljevic. Ces articles de presse ont eu un impact appréciable sur l’opinion publique italienne et ont donné naissance à des actes de vengeance regrettables…

George W. Bush a fait ses adieux à la presse

janvier 15th, 2009 by corinne

La dernière conférence de presse de George W. Bush, en tant que président en fonction des Etats-Unis n’a suscité en aucune façon l’intérêt que la Maison Blanche avait estimé. Selon la narration de mardi de Washington Post, Bush semblait bien préparée et prêt à discuter des multiples questions à propos desquelles il a attiré le plus souvent des critiques: l’économie, Katrina, Abou Ghraib, la bannière « Mission Accomplie » et d’autres.

Mais les journalistes ne se sont pas vraiement rués à la résidence présidentielle. L’événement avait été préparé avec soin et beaucoup de précaution par la Maison Blanche. La circulaire envoyée aux journalistes précisait, dans ses lignes: « Un correspondant par organisme ». Mais quand l’heure est arrivée, les deux dernières rangées de la salle étaient vides, étant immédiatement remplis par des gens de l’intérieur. Inutile de dire, donc, que la conférence a débuté sous le signe d’une amère déception, maladroitement cachée.

En gros, la conférence a été l’une classique. Et, ayant le pied à l’étrier, le président a assuré les journalistes de sa considération, en dépit de toutes les tensions et les « incompréhensions » : « Je vois ici beaucoup de personnes qui m’ont accompagné à travers le monde – dans des endroits comme l’Afghanistan et l’Iraq et l’Afrique. Pendant tout ce temps, je vous ai respectés. Parfois, je n’ai pas aimé les récits que vous avez écrits. Parfois, vous m’avez mal compris. Mais toujours la relation, je l’ai senti, a été professionnelle et j’apprécie cela », a commencé Bush son speech.

Quant à la clôture de la conférence, ça s’est passée beaucoup plus brusquement. Think Progress a même souligné que les dernières secondes de l’événements ont été assez gênantes, puisque les membres de la presse n’ont pas su comment réagir quand Bush les a remerciés soudainement et quitté la salle.

Tout compte fait, une chose est sûre: les journalistes ont fait un bon travail, immortalisant, sur papier, sur les vidéos ou en documents audio, les innombrables « Bushismes » qu’on a entendu ces huit dernières années.

Un expert nous parle: quel sera le rôle des blogs dans le journalisme?

décembre 23rd, 2008 by corinne

Alfred Hermida est l’un des pionniers du journalisme en ligne. Rédacteur du site web BBC News, dont il est  membre fondateur, A. Hermida est également professeur à la Faculté de Journalisme de L’université de la Colombie Britannique. En tant qu’enseignant, il se rend compte, grâce à son expérience, de l’importance accrue que l’espace virtuel aura pour la presse écrite. Le sujet des blogs, comme l’une des dernières options du journalisme, moyennée par la technologie, ne pourrait pas être évité. Le professeur nous parle, donc, ( en écrit, sur un blog!) d’une future éducation formelle dans ce domaine.

« Les blogs sont devenus une partie du schéma de rédaction de la plupart des sites d’actualités. Aux Etats-Unis, 95% des 100 premiers journaux ont des rédacteurs de blogs. Il semble donc approprié d’inclure le « blogging » dans le programme des écoles de journalisme. Ces deux dernières années, mes étudiants de la Faculté de Journalisme ont écrit des blogs dans le cadre de leurs cours. »

De plus, le professeur a l’intention de développer ce programme d’éducation. À partir de janvier, ses étudiants recevront une nouvelle tâche: maintenir un blog, en y publiant des articles deux fois par semaine…chose qui ne sera pas aussi simple que ça, avertit le journaliste.

« Le blog doit avoir un thème particulier. Idéalement, il devrait couvrir un domaine où l’étudiant a quelques connaissances personnelles qu’il peut partager. C’est peut-être l’une des décisions les plus importantes, puisque les meilleurs blogs sont ceux où l’auteur apporte son expérience et son expertise personnelles. »

Bien qu’apparu depuis une dizaine d’années, on ne sait pas encore comment classifier cette forme d’écrire pour le public. Les journalistes professionnels refusent de lui donner le baptême et de considérer le « blogging » une forme de journalisme. Repousser de principe cette activité est une première erreur d’approche, car ce qui rend une publication dans la catégorie de « journalisme », n’est pas la plateforme, mais le contenu. Cela exclut d’un coup le risque de prendre tous les bloggers pour des journalistes…

De l’autre côté, il serait également injuste d’ignorer les bénéfices apportés par les blogs, grâce au cadre qu’ils utilisent pour l’écriture. S’étant instauré dans un environnement tellement dynamique, le blog crée un espace de communication rapide. Les réactions du public aux articles ou aux sujets stimulent l’échange d’idée et font du blog un espace de l’interaction. Et, en dépit de toute opposition des plus conservateurs, l’influence des blogs et des nouvelles médias est ressentie dans le domaine. Dans cette forme, le journalisme est devenu plus « ouvert », plus conversationnel et plus itératif. Le professeur Hermida, aura, tôt ou tard, gain de cause…

L’affaire Watergate, consignée à jamais dans les reportages de Bob Woodward

décembre 23rd, 2008 by corinne

Quelle est la responsabilité d’un journaliste?…rendre les deux, trois ou neuf côtés d’une nouvelle le plus près des faits, et ne pas s’en tenir à l’opinion du public- Bob Woodward, ancien journaliste à Washington Post

La mort de Mark Felt, la mystérieuse source de FBI qui a dévoilé le scandale Watergate, a occasionné une nouvelle vague de vif intérêt pour les auteurs des reportages incendiaires basés sur les informations de Felt. Plus de trente ans après l’affaire Watergate, on entend encore une fois l’histoire de cette collaboration de « Deep Throat » avec Bob Woodward, l’un de deux reporters de Washington Post qui ont rendu publiques les informations secrètes, cachées dans les bureaux de l’administration Nixon.

Ce novembre, Woodward et son collègue Carl Bernstein se sont rencontrés pour la dernière fois avec W. Mark Felt, à la résidence de celui-ci de Santa Rosa, Californie. Felt allait mourir ce mois, à l’âge de 95 ans, entrant dans l’histoire comme « la plus fameuse source anonyme dans l’histoire de l’Amérique ». Il a gardé le secret de son rôle dans le dossier Watergate jusqu’à l’âge de 91 ans, quand il a avoué que c’était lui, le célèbre « Deep Throat ».

Mais le rôle du journaliste et écrivain Woodward n’a pas été moins significatif. Le début de leur collaboration s’est passé lors des premiers reportages de Woodward et Bernstein sur l’entrée par effraction dans les bureaux du Comité National Démocrate du complexe Watergate de Washington.

« C’était le moment où une source appartenant aux agences d’investigations du gouvernement devenait très précieuse. J’ai appelé Felt à FBI. On a eu notre premier entretien sur Watergate », raconte le journaliste.

Felt savait que le cas Watergate allait prendre des proportions et lui a fait savoir cette chose. Depuis, il est devenu la source qui offrait périodiquement, à l’abri d’un surnom vulgaire: Deep Throat.

Felt et Woodward tenaient leurs rencontres dans un parcage souterrain, Deep Throat complétant les informations que les reporters du journal obtenaient de diverses sources. « Felt pensait qu’il protégeait ainsi le Bureau, essayant, même si clandestinement, de transmettre au public des informations des interrogatoires et les dossiers de l’Agence, pour moyenner un courant de pression publique et politique, censé demander compte à Nixon et à ses hommes ».

Au cours du scandale,  Bob Woodward a été le seul journaliste auquel Felt, le numéro 2 à FBI à l’époque, ait confié les données secrètes.

Le président Nixon a démissionné, finalement, en 1974. Plus de 30 officiels ont plaidé « coupable » pu ont subi une condamnation dans l’affaire.

Les « Reporters sans frontières » n’ont pas oublié la mort de Deyda Hydara

décembre 22nd, 2008 by corinne

Quatre ans après l’assassinat de Deyda Hydara, Reporters sans frontières a tenu à exprimer, le 15 décembre, le dégoût à l’égard de l’obstruction et la mauvaise volonté montrées par les autorités gambiennes qui ne se sont pas pressés de prendre des mesures punitives contre les criminels, adoptant plutôt une attitude d’impassibilité totale.

Deyda Hydara, co-fondateur du quotidien Le Point et correspondant en Gambie pour L’Agence France Presse et Reporters sans Frontières, a été assassiné le 16 décembre 2004, étant abattu à l’improviste, par les balles tirées d’un taxi, lorsqu’il était au volant de sa voiture.

« Les quelques promesses publiques faites par les autorités gambiennes dans cette affaire ne sont que des rideaux de fumée qui ne réussissent pas à cacher le mépris évident du président Yahya Jammeh pour les journalistes », a signalé RSF. « En fait, l’objectif des assassins de Deyda Hydara, a été de réduire au silence les Gambiens en les soumettant à la peur envers les hommes du président », ont ajouté les militants pour la liberté de la presse, qui sont également convaincus que seulement une campagne menée par ceux qui ne vivent pas avec cette peur peut faire échouer le plan du pouvoir.

Dans les semaines après l’assassinat, Reporters sans frontières, qui a mené sa propre enquête, a rendu publique sa forte suspicion vis-à-vis des services de sécurité de Gambie et en particulier à l’égard des «Green Boys», un groupe demi-clandestine de partisans du président gambien.

Et les raisons de croire que Deyda Hydara a été une cible politique ne manquaient pas. Ancien président de l’Union de la Presse de Gambie et doyen des journalistes, Deyda Hydara critiquait vivement et régulièrement le gouvernement du pays.

Les enquêtes promises par les autorités gambiennes ont mené nulle part. Le seul rapport officiel, adressé à la presse par les Services de Renseignement gambiens en 2005, était « confidentiel », en décrivant plusieurs pistes (la plupart absurdes), mais qui prétendaient faire la lumière sur les circonstances de l’homicide.

Qui pire est, depuis cette date, la plupart des témoins-clés de l’affaire ont disparu, y compris Daba Marenah, le directeur du service de renseignements, duquel rien n’a été plus entendu, car il a été arrêté après avoir été impliqué dans une tentative présumée de coup d’Etat.

En Gambie, la presse est réduite à quelques journaux privés sous la stricte surveillance du gouvernement qui punit la moindre « déviance« . Les arrestations arbitraires, les menaces et les brutalités de la police sont maintenant monnaie courante dans un pays dont le chef a exprimé maintes fois son mépris et sa méfiance pour les médias.

Le journalisme écolo, primé aux Etats-Unis

décembre 22nd, 2008 by corinne

Susanne Rust, Meg Kissinger et Carry Spivak, reporters au journal américain Journal Sentinel, ont remporté un grand prix national pour leurs articles écolos.

L’équipe a été honorée du prix John B. Oakes 2008 pour le journalisme écologique, censé récompenser la série « Chemical Fallout », réalisée par les trois. Cette série expose, principalement, les dangers que représentent pour l’environnement les produits chimiques domestiques et les échecs enregistrés dans la protection du public par des institutions telles que l’Agence de protection de l’environnement ou l’Administration des Aliments et des produits chimiques.

Le prix a été annoncé le mardi passé  à  la Faculté de Journalisme de l’Université de Columbia. Les propositions pour le prix ont été analysées par un groupe de journalistes et de scientifiques. Le prix a été crée à la mémoire de John B. Oakes, écrivain et rédacteur à New York Times, qui a fait mission de pionnier dans le journalisme écologique.

La deuxième place, dans la section « Journaux », est revenue à Associated Press; dans la section « magazines », aucun prix n’a été accordé cette année.

«Nous avons reçu près de 100 propositions pour ce prix et il il a résulté que le Journal Sentinel détenait le rôle de gardien avec une profonde implication dans les questions de santé», a déclaré Arlene Morgan, directeur aux Prix Oakes.

En 2007, le prix a été accordé à deux journaux – Los Angeles Time et New Orleans Times, le premier étant primé également en 2006.

A l’avis de Mark Katches, rédacteur en chef adjoint à Journal Sentinel, « ces histoires ont changé les habitudes de beaucoup de gens ». Une chose qui n’est pas à négliger, dans une époque où la consommation agressive porte de graves préjudices à l’environnement.

Le sort du journaliste irakien Al-Zaidi, en queue de poisson

décembre 22nd, 2008 by admin

Le journaliste de télévision irakien qui a jeté ses chaussures sur le président Bush lors d’une conférence de presse a comparu devant un juge mercredi, dans ce qui  a été,  probablement, la première étape d’un processus de poursuites pénales contre lui. Pour l’instant, une Cour pénale décidera s’il y a des raisons suffisantes pour juger le journaliste, le jeune Muntader al-Zaidi, qui est déjà devenu un héros populaire au sein de la communauté arabe hostile au président américain.

Al-Zaidi a été retenu par les autorités depuis le dimanche (14 décembre), le jour où l’incident s’est passé, dans une salle de conférence de Bagdad. Même s’il n’a pas été encore inculpé, il pourrait subir plusieurs accusations, y compris l’ouverture d’un acte d’agression contre le chef d’un Etat étranger en visite officielle, ce qui lui apporterait une peine de sept ans de prison.

Une accusation moins grave, celle d’outrage contre le chef d’un pays étranger, attirerait une peine de deux ans de prison et une amende de 200 dinars irakiens. Enfin, la troisième possibilité, d’être accusé seulement d’ »agression », est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison ou une amende.

Mais nulle de ces trois possibilités n’est du goût de Ms. Saadi, le président de l’Union des avocates en Irak, qui a été nommé à la tête d’une équipe qui défendra le journaliste. Dans une interview accordée mardi, Saadi a déclaré qu’il demanderait la clôture du dossier de Muntader Al-Zaidi et la libération immédiate de celui-ci. « Il n’a pas commis une infraction », a expliqué l’avocat, « il n’a fait que s’exprimer librement à l’égard de l’occupant et, conformément au droit international, il a un tel droit ».

Entre temps, l’un des frères de Muntader, Maythem al-Zaidi, a déclaré que la famille avait reçu des menaces téléphoniques anonymes. Selon ses dites, il y a eu aussi d’autres appelants, toujours anonymes, qui ont prétendu que l’arrêté avait subi de graves blessures, suite aux « corrections » administrées par les forces de sécurité du premier ministre Nuri Kamal al-Maliki. Les rumeurs ont été portées à l’oreille de Ziad al-Ajeely, le président de l’Observatoire irakien pour la liberté de la presse, qui les a infirmé publiquement, après avoir contacté plusieurs membres du gouvernement du pays.

L’incident s’est passé à la conférence de presse où George W. Bush apparaissait à côté de Ms. Maliki, dans la Zone Verte de Bagdad. Le journaliste a bondi de sa place et a jeté une chaussure dans la tête du président, en criant: « C’est un cadeau des Irakiens; c’est le baiser d’adieu, toi, chien!« . Dans l’affairement général, al-Zaidi a lancé aussi son autre chaussure, accompagnée d’une autre profération: « C’est de la part des veuves, des orphelins et de ceux qui ont été tués en Irak!« 

Dans la presse irakienne, l’incident a suscité une réaction de crainte envers la question de la liberté de la presse. Les journalistes craignent qu’on n’impose de limitations à cette liberté, dans un pays qui, de toute façon, ne connaît pas une tradition dans ce domaine.