La presse italienne, un arbitre improbable dans l’équation immigrants - phénomène infractionnel
février 18th, 2009 by corinne
Le dernier événement infortuné qui a eu lieu à Rome - une adolescente violée dans un parc et son copain rossé par des immigrants tsiganes- a mis de l’huile sur le feu dans la presse italienne, qui a adopté une position radicale et fourre dans le même sac les criminels provenus des immigrants de l’Europe de l’Est et le pays entier d’où ils viennent. Qui pire est, c’est que les événements de ce genre, dont le dernier semble être la cerise sur le gâteau, ont engendré presque une hystérie de masse qui se manifeste contre les immigrants “in corpore”, et qu’une partie de la presse ne fait qu’encourager. De plus, la situation qui prend des proportions menace de se transformer dans une crise au niveau politique et diplomatique entre l’Italie et la Roumanie, le pays accusé “de fournir” le plus grand nombre d’éléments criminels aux villes italiennes.
Laissant de côté les formules incriminatrices utilisées avec prodigalité dans les journaux italiens à l’égard du peuple roumain, la presse italienne semble être un interprète pas toujours sage dans le dialogue politique entre les autorités italiennes et celles roumaines. Les déclarations du ministre roumain des Afaires Etrangères, Cristian Dicaonesu, sur le poste national de radio, selon lesquelles “les autorités italiennes ont adopté une rhétorique agressive, incitant à la xénophobie, une attitude qui n’est pas européenne” ont attiré l’attention de la presse de Rome:
Le quotidien “La Repubblica” écrit que le ministre roumain soutient que dans le gouvernement italien il y a quelqu’un qui incite à la xénophobie. Le même journal publie la réplique immédiate du ministre italien de l’Extérieur, Franco Frattini, d’où on peut comprendre qu’aucun des membres de l’exécutif n’a utilisé des expressions pouvant être considérées xénophobes.
Les assertions de Cristian Diaconescu sont rendues également en “Corriere della Sera”, sous le titre: “La Roumanie prend l’offensive”. Le sujet a jouit aussi de tout l’intérêt des principaux journaux d’actualités aux postes de télévision RAI et MEDIASET, des agences de presse ANSA et AGI et du quotidien de la droite “Il Giornale”, un journal appartenant au trust de presse de Berlusconi.
Dans le dernier temps, après une série d’actes de violences commis par des immigrants roumains d’ethnie romani, les ressentiments des Italiens envers ceux-ci se manifestent aussi par l’intermédiaire des “vengeances” xénophobes dont les victimes sont non pas nécessairement les criminels, mais des citoyens roumains innocents. Un fait de nature pénale - un viol commis par un Roumain - a déclenché à l’automne de l’année 2007 une véritable crise diplomatique entre Rome et Bucarest, crise exacerbée par le contexte préélectoral de l’Itlaie et les récits de la presse.
Pour n’en donner qu’un exemple, nous allons rappeler l’avant-dernier incident qui a impliqué des immigrants et qui s’est passé au mois de novembre 2008. Il s’agit d’un accident auto provoqué par un Romani italien d’origine croate, mais duquel la presse italienne a écrit qu’il était de nationalité roumaine, en dépit de son nom d’origine slave - Bruno Radosavljevic. Ces articles de presse ont eu un impact appréciable sur l’opinion publique italienne et ont donné naissance à des actes de vengeance regrettables…
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