Les “Reporters sans frontières” n’ont pas oublié la mort de Deyda Hydara
décembre 22nd, 2008 by corinne
Quatre ans après l’assassinat de Deyda Hydara, Reporters sans frontières a tenu à exprimer, le 15 décembre, le dégoût à l’égard de l’obstruction et la mauvaise volonté montrées par les autorités gambiennes qui ne se sont pas pressés de prendre des mesures punitives contre les criminels, adoptant plutôt une attitude d’impassibilité totale.
Deyda Hydara, co-fondateur du quotidien Le Point et correspondant en Gambie pour L’Agence France Presse et Reporters sans Frontières, a été assassiné le 16 décembre 2004, étant abattu à l’improviste, par les balles tirées d’un taxi, lorsqu’il était au volant de sa voiture.
“Les quelques promesses publiques faites par les autorités gambiennes dans cette affaire ne sont que des rideaux de fumée qui ne réussissent pas à cacher le mépris évident du président Yahya Jammeh pour les journalistes”, a signalé RSF. “En fait, l’objectif des assassins de Deyda Hydara, a été de réduire au silence les Gambiens en les soumettant à la peur envers les hommes du président”, ont ajouté les militants pour la liberté de la presse, qui sont également convaincus que seulement une campagne menée par ceux qui ne vivent pas avec cette peur peut faire échouer le plan du pouvoir.
Dans les semaines après l’assassinat, Reporters sans frontières, qui a mené sa propre enquête, a rendu publique sa forte suspicion vis-à-vis des services de sécurité de Gambie et en particulier à l’égard des «Green Boys», un groupe demi-clandestine de partisans du président gambien.
Et les raisons de croire que Deyda Hydara a été une cible politique ne manquaient pas. Ancien président de l’Union de la Presse de Gambie et doyen des journalistes, Deyda Hydara critiquait vivement et régulièrement le gouvernement du pays.
Les enquêtes promises par les autorités gambiennes ont mené nulle part. Le seul rapport officiel, adressé à la presse par les Services de Renseignement gambiens en 2005, était “confidentiel”, en décrivant plusieurs pistes (la plupart absurdes), mais qui prétendaient faire la lumière sur les circonstances de l’homicide.
Qui pire est, depuis cette date, la plupart des témoins-clés de l’affaire ont disparu, y compris Daba Marenah, le directeur du service de renseignements, duquel rien n’a été plus entendu, car il a été arrêté après avoir été impliqué dans une tentative présumée de coup d’Etat.
En Gambie, la presse est réduite à quelques journaux privés sous la stricte surveillance du gouvernement qui punit la moindre “déviance“. Les arrestations arbitraires, les menaces et les brutalités de la police sont maintenant monnaie courante dans un pays dont le chef a exprimé maintes fois son mépris et sa méfiance pour les médias.
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