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Un expert nous parle: quel sera le rôle des blogs dans le journalisme?

décembre 23rd, 2008 by corinne

Alfred Hermida est l’un des pionniers du journalisme en ligne. Rédacteur du site web BBC News, dont il est  membre fondateur, A. Hermida est également professeur à la Faculté de Journalisme de L’université de la Colombie Britannique. En tant qu’enseignant, il se rend compte, grâce à son expérience, de l’importance accrue que l’espace virtuel aura pour la presse écrite. Le sujet des blogs, comme l’une des dernières options du journalisme, moyennée par la technologie, ne pourrait pas être évité. Le professeur nous parle, donc, ( en écrit, sur un blog!) d’une future éducation formelle dans ce domaine.

“Les blogs sont devenus une partie du schéma de rédaction de la plupart des sites d’actualités. Aux Etats-Unis, 95% des 100 premiers journaux ont des rédacteurs de blogs. Il semble donc approprié d’inclure le “blogging” dans le programme des écoles de journalisme. Ces deux dernières années, mes étudiants de la Faculté de Journalisme ont écrit des blogs dans le cadre de leurs cours.”

De plus, le professeur a l’intention de développer ce programme d’éducation. À partir de janvier, ses étudiants recevront une nouvelle tâche: maintenir un blog, en y publiant des articles deux fois par semaine…chose qui ne sera pas aussi simple que ça, avertit le journaliste.

“Le blog doit avoir un thème particulier. Idéalement, il devrait couvrir un domaine où l’étudiant a quelques connaissances personnelles qu’il peut partager. C’est peut-être l’une des décisions les plus importantes, puisque les meilleurs blogs sont ceux où l’auteur apporte son expérience et son expertise personnelles.”

Bien qu’apparu depuis une dizaine d’années, on ne sait pas encore comment classifier cette forme d’écrire pour le public. Les journalistes professionnels refusent de lui donner le baptême et de considérer le “blogging” une forme de journalisme. Repousser de principe cette activité est une première erreur d’approche, car ce qui rend une publication dans la catégorie de “journalisme”, n’est pas la plateforme, mais le contenu. Cela exclut d’un coup le risque de prendre tous les bloggers pour des journalistes…

De l’autre côté, il serait également injuste d’ignorer les bénéfices apportés par les blogs, grâce au cadre qu’ils utilisent pour l’écriture. S’étant instauré dans un environnement tellement dynamique, le blog crée un espace de communication rapide. Les réactions du public aux articles ou aux sujets stimulent l’échange d’idée et font du blog un espace de l’interaction. Et, en dépit de toute opposition des plus conservateurs, l’influence des blogs et des nouvelles médias est ressentie dans le domaine. Dans cette forme, le journalisme est devenu plus “ouvert”, plus conversationnel et plus itératif. Le professeur Hermida, aura, tôt ou tard, gain de cause…

L’affaire Watergate, consignée à jamais dans les reportages de Bob Woodward

décembre 23rd, 2008 by corinne

Quelle est la responsabilité d’un journaliste?…rendre les deux, trois ou neuf côtés d’une nouvelle le plus près des faits, et ne pas s’en tenir à l’opinion du public- Bob Woodward, ancien journaliste à Washington Post

La mort de Mark Felt, la mystérieuse source de FBI qui a dévoilé le scandale Watergate, a occasionné une nouvelle vague de vif intérêt pour les auteurs des reportages incendiaires basés sur les informations de Felt. Plus de trente ans après l’affaire Watergate, on entend encore une fois l’histoire de cette collaboration de “Deep Throat” avec Bob Woodward, l’un de deux reporters de Washington Post qui ont rendu publiques les informations secrètes, cachées dans les bureaux de l’administration Nixon.

Ce novembre, Woodward et son collègue Carl Bernstein se sont rencontrés pour la dernière fois avec W. Mark Felt, à la résidence de celui-ci de Santa Rosa, Californie. Felt allait mourir ce mois, à l’âge de 95 ans, entrant dans l’histoire comme “la plus fameuse source anonyme dans l’histoire de l’Amérique”. Il a gardé le secret de son rôle dans le dossier Watergate jusqu’à l’âge de 91 ans, quand il a avoué que c’était lui, le célèbre “Deep Throat”.

Mais le rôle du journaliste et écrivain Woodward n’a pas été moins significatif. Le début de leur collaboration s’est passé lors des premiers reportages de Woodward et Bernstein sur l’entrée par effraction dans les bureaux du Comité National Démocrate du complexe Watergate de Washington.

“C’était le moment où une source appartenant aux agences d’investigations du gouvernement devenait très précieuse. J’ai appelé Felt à FBI. On a eu notre premier entretien sur Watergate”, raconte le journaliste.

Felt savait que le cas Watergate allait prendre des proportions et lui a fait savoir cette chose. Depuis, il est devenu la source qui offrait périodiquement, à l’abri d’un surnom vulgaire: Deep Throat.

Felt et Woodward tenaient leurs rencontres dans un parcage souterrain, Deep Throat complétant les informations que les reporters du journal obtenaient de diverses sources. “Felt pensait qu’il protégeait ainsi le Bureau, essayant, même si clandestinement, de transmettre au public des informations des interrogatoires et les dossiers de l’Agence, pour moyenner un courant de pression publique et politique, censé demander compte à Nixon et à ses hommes”.

Au cours du scandale,  Bob Woodward a été le seul journaliste auquel Felt, le numéro 2 à FBI à l’époque, ait confié les données secrètes.

Le président Nixon a démissionné, finalement, en 1974. Plus de 30 officiels ont plaidé “coupable” pu ont subi une condamnation dans l’affaire.

Les “Reporters sans frontières” n’ont pas oublié la mort de Deyda Hydara

décembre 22nd, 2008 by corinne

Quatre ans après l’assassinat de Deyda Hydara, Reporters sans frontières a tenu à exprimer, le 15 décembre, le dégoût à l’égard de l’obstruction et la mauvaise volonté montrées par les autorités gambiennes qui ne se sont pas pressés de prendre des mesures punitives contre les criminels, adoptant plutôt une attitude d’impassibilité totale.

Deyda Hydara, co-fondateur du quotidien Le Point et correspondant en Gambie pour L’Agence France Presse et Reporters sans Frontières, a été assassiné le 16 décembre 2004, étant abattu à l’improviste, par les balles tirées d’un taxi, lorsqu’il était au volant de sa voiture.

“Les quelques promesses publiques faites par les autorités gambiennes dans cette affaire ne sont que des rideaux de fumée qui ne réussissent pas à cacher le mépris évident du président Yahya Jammeh pour les journalistes”, a signalé RSF. “En fait, l’objectif des assassins de Deyda Hydara, a été de réduire au silence les Gambiens en les soumettant à la peur envers les hommes du président”, ont ajouté les militants pour la liberté de la presse, qui sont également convaincus que seulement une campagne menée par ceux qui ne vivent pas avec cette peur peut faire échouer le plan du pouvoir.

Dans les semaines après l’assassinat, Reporters sans frontières, qui a mené sa propre enquête, a rendu publique sa forte suspicion vis-à-vis des services de sécurité de Gambie et en particulier à l’égard des «Green Boys», un groupe demi-clandestine de partisans du président gambien.

Et les raisons de croire que Deyda Hydara a été une cible politique ne manquaient pas. Ancien président de l’Union de la Presse de Gambie et doyen des journalistes, Deyda Hydara critiquait vivement et régulièrement le gouvernement du pays.

Les enquêtes promises par les autorités gambiennes ont mené nulle part. Le seul rapport officiel, adressé à la presse par les Services de Renseignement gambiens en 2005, était “confidentiel”, en décrivant plusieurs pistes (la plupart absurdes), mais qui prétendaient faire la lumière sur les circonstances de l’homicide.

Qui pire est, depuis cette date, la plupart des témoins-clés de l’affaire ont disparu, y compris Daba Marenah, le directeur du service de renseignements, duquel rien n’a été plus entendu, car il a été arrêté après avoir été impliqué dans une tentative présumée de coup d’Etat.

En Gambie, la presse est réduite à quelques journaux privés sous la stricte surveillance du gouvernement qui punit la moindre “déviance“. Les arrestations arbitraires, les menaces et les brutalités de la police sont maintenant monnaie courante dans un pays dont le chef a exprimé maintes fois son mépris et sa méfiance pour les médias.

Le journalisme écolo, primé aux Etats-Unis

décembre 22nd, 2008 by corinne

Susanne Rust, Meg Kissinger et Carry Spivak, reporters au journal américain Journal Sentinel, ont remporté un grand prix national pour leurs articles écolos.

L’équipe a été honorée du prix John B. Oakes 2008 pour le journalisme écologique, censé récompenser la série “Chemical Fallout”, réalisée par les trois. Cette série expose, principalement, les dangers que représentent pour l’environnement les produits chimiques domestiques et les échecs enregistrés dans la protection du public par des institutions telles que l’Agence de protection de l’environnement ou l’Administration des Aliments et des produits chimiques.

Le prix a été annoncé le mardi passé  à  la Faculté de Journalisme de l’Université de Columbia. Les propositions pour le prix ont été analysées par un groupe de journalistes et de scientifiques. Le prix a été crée à la mémoire de John B. Oakes, écrivain et rédacteur à New York Times, qui a fait mission de pionnier dans le journalisme écologique.

La deuxième place, dans la section “Journaux”, est revenue à Associated Press; dans la section “magazines”, aucun prix n’a été accordé cette année.

«Nous avons reçu près de 100 propositions pour ce prix et il il a résulté que le Journal Sentinel détenait le rôle de gardien avec une profonde implication dans les questions de santé», a déclaré Arlene Morgan, directeur aux Prix Oakes.

En 2007, le prix a été accordé à deux journaux - Los Angeles Time et New Orleans Times, le premier étant primé également en 2006.

A l’avis de Mark Katches, rédacteur en chef adjoint à Journal Sentinel, “ces histoires ont changé les habitudes de beaucoup de gens”. Une chose qui n’est pas à négliger, dans une époque où la consommation agressive porte de graves préjudices à l’environnement.

Le sort du journaliste irakien Al-Zaidi, en queue de poisson

décembre 22nd, 2008 by admin

Le journaliste de télévision irakien qui a jeté ses chaussures sur le président Bush lors d’une conférence de presse a comparu devant un juge mercredi, dans ce qui  a été,  probablement, la première étape d’un processus de poursuites pénales contre lui. Pour l’instant, une Cour pénale décidera s’il y a des raisons suffisantes pour juger le journaliste, le jeune Muntader al-Zaidi, qui est déjà devenu un héros populaire au sein de la communauté arabe hostile au président américain.

Al-Zaidi a été retenu par les autorités depuis le dimanche (14 décembre), le jour où l’incident s’est passé, dans une salle de conférence de Bagdad. Même s’il n’a pas été encore inculpé, il pourrait subir plusieurs accusations, y compris l’ouverture d’un acte d’agression contre le chef d’un Etat étranger en visite officielle, ce qui lui apporterait une peine de sept ans de prison.

Une accusation moins grave, celle d’outrage contre le chef d’un pays étranger, attirerait une peine de deux ans de prison et une amende de 200 dinars irakiens. Enfin, la troisième possibilité, d’être accusé seulement d’”agression”, est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison ou une amende.

Mais nulle de ces trois possibilités n’est du goût de Ms. Saadi, le président de l’Union des avocates en Irak, qui a été nommé à la tête d’une équipe qui défendra le journaliste. Dans une interview accordée mardi, Saadi a déclaré qu’il demanderait la clôture du dossier de Muntader Al-Zaidi et la libération immédiate de celui-ci. “Il n’a pas commis une infraction”, a expliqué l’avocat, “il n’a fait que s’exprimer librement à l’égard de l’occupant et, conformément au droit international, il a un tel droit”.

Entre temps, l’un des frères de Muntader, Maythem al-Zaidi, a déclaré que la famille avait reçu des menaces téléphoniques anonymes. Selon ses dites, il y a eu aussi d’autres appelants, toujours anonymes, qui ont prétendu que l’arrêté avait subi de graves blessures, suite aux “corrections” administrées par les forces de sécurité du premier ministre Nuri Kamal al-Maliki. Les rumeurs ont été portées à l’oreille de Ziad al-Ajeely, le président de l’Observatoire irakien pour la liberté de la presse, qui les a infirmé publiquement, après avoir contacté plusieurs membres du gouvernement du pays.

L’incident s’est passé à la conférence de presse où George W. Bush apparaissait à côté de Ms. Maliki, dans la Zone Verte de Bagdad. Le journaliste a bondi de sa place et a jeté une chaussure dans la tête du président, en criant: “C’est un cadeau des Irakiens; c’est le baiser d’adieu, toi, chien!“. Dans l’affairement général, al-Zaidi a lancé aussi son autre chaussure, accompagnée d’une autre profération: “C’est de la part des veuves, des orphelins et de ceux qui ont été tués en Irak!

Dans la presse irakienne, l’incident a suscité une réaction de crainte envers la question de la liberté de la presse. Les journalistes craignent qu’on n’impose de limitations à cette liberté, dans un pays qui, de toute façon, ne connaît pas une tradition dans ce domaine.