Le sort du journaliste irakien Al-Zaidi, en queue de poisson
décembre 22nd, 2008 by admin
Le journaliste de télévision irakien qui a jeté ses chaussures sur le président Bush lors d’une conférence de presse a comparu devant un juge mercredi, dans ce qui a été, probablement, la première étape d’un processus de poursuites pénales contre lui. Pour l’instant, une Cour pénale décidera s’il y a des raisons suffisantes pour juger le journaliste, le jeune Muntader al-Zaidi, qui est déjà devenu un héros populaire au sein de la communauté arabe hostile au président américain.
Al-Zaidi a été retenu par les autorités depuis le dimanche (14 décembre), le jour où l’incident s’est passé, dans une salle de conférence de Bagdad. Même s’il n’a pas été encore inculpé, il pourrait subir plusieurs accusations, y compris l’ouverture d’un acte d’agression contre le chef d’un Etat étranger en visite officielle, ce qui lui apporterait une peine de sept ans de prison.
Une accusation moins grave, celle d’outrage contre le chef d’un pays étranger, attirerait une peine de deux ans de prison et une amende de 200 dinars irakiens. Enfin, la troisième possibilité, d’être accusé seulement d’”agression”, est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison ou une amende.
Mais nulle de ces trois possibilités n’est du goût de Ms. Saadi, le président de l’Union des avocates en Irak, qui a été nommé à la tête d’une équipe qui défendra le journaliste. Dans une interview accordée mardi, Saadi a déclaré qu’il demanderait la clôture du dossier de Muntader Al-Zaidi et la libération immédiate de celui-ci. “Il n’a pas commis une infraction”, a expliqué l’avocat, “il n’a fait que s’exprimer librement à l’égard de l’occupant et, conformément au droit international, il a un tel droit”.
Entre temps, l’un des frères de Muntader, Maythem al-Zaidi, a déclaré que la famille avait reçu des menaces téléphoniques anonymes. Selon ses dites, il y a eu aussi d’autres appelants, toujours anonymes, qui ont prétendu que l’arrêté avait subi de graves blessures, suite aux “corrections” administrées par les forces de sécurité du premier ministre Nuri Kamal al-Maliki. Les rumeurs ont été portées à l’oreille de Ziad al-Ajeely, le président de l’Observatoire irakien pour la liberté de la presse, qui les a infirmé publiquement, après avoir contacté plusieurs membres du gouvernement du pays.
L’incident s’est passé à la conférence de presse où George W. Bush apparaissait à côté de Ms. Maliki, dans la Zone Verte de Bagdad. Le journaliste a bondi de sa place et a jeté une chaussure dans la tête du président, en criant: “C’est un cadeau des Irakiens; c’est le baiser d’adieu, toi, chien!“. Dans l’affairement général, al-Zaidi a lancé aussi son autre chaussure, accompagnée d’une autre profération: “C’est de la part des veuves, des orphelins et de ceux qui ont été tués en Irak!“
Dans la presse irakienne, l’incident a suscité une réaction de crainte envers la question de la liberté de la presse. Les journalistes craignent qu’on n’impose de limitations à cette liberté, dans un pays qui, de toute façon, ne connaît pas une tradition dans ce domaine.
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